Comme un lundi : Parler avec des mots à soi / To speak with your own words (Fr/Eng)

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Publié sur le blog de Khiasma le 10 septembre 2018

Dans la longue histoire de Khiasma, vient le moment d’essayer de raconter une histoire concrète et matérielle qui a nourri l’imaginaire situé d’un lieu. Dans la cour d’un hôtel social, une imprimerie. La précarité et l’amitié, les voisins et les alliés, les fidèles et les oubliés, les dettes, la colère et la fatigue, les soirées improbables et les après-midi de fête, les politiques hypocrites et les politiques idiotes qui inventent sans cesse de nouvelles saveurs au dégoût. L’amour farouche pour la Seine-Saint-Denis alors qu’elle entre avec nous dans sa phase zombie. Finis les corps interdits, les présences amicales et obliques quand la nuit tombe, les cafés kabyles et les fumées communistes, ceux qui parlent trop fort à l’aube, ceux qui ne font que migrer, ceux que l’on tue et ceux qui se tuent en courant comme la seule manière possible et désirable de traverser une vie qui ne compte pas. Nous avons une dette envers ces histoires, il faut les raconter avec des mots choisis, des mots qui en ont pris plein la gueule mais qui regardent droit dans les yeux, des mots à soi.

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To Speak with Words of Your Own
previously published on Khiasma’s blog on september 10th, 2018

In the long story of Khiasma, the time has now come to try and tell the concrete and material tale that has fed the imagination situated within such a place. In the courtyard of a social housing block, a printing office. Precarity and friendship, neighbours and allies, the loyal and the forgotten, the debts, the anger and tiredness, unpromising evenings and afternoons of celebration, hypocritical politicians and idiotic policies incessantly inventing new flavours of disgust. We have a fierce love for Seine-Saint-Denis (A North-Eastern district in the close outskirts of Paris) as she enters with us into her zombie phase. Finished are the forbidden bodies, the friendly presences that lean as the night falls, the Kabyle cafés and communist smoke, those that speak too loud at dawn, those that do nothing but migrate, those that they kill and those that kill themselves through running as the only possible and desirable way to get through a life that doesn’t count. We have a debt towards these stories, we have to recount them with carefully chosen words, words that have had it rough but that look you straight in the eye, words of your own.

Here I would like to thank Leila Ghaist for her beautiful translation from the French, which is a poetic and creative act, and also for her remarks and generous overview on my way of colourfully mistreating my mother tongue.

Image : « Les Mots qui touchent » workshop with Joey le Soldat and Yo-yo Gonthier, L’Atlas, July 2018. Photograph by Yo-yo Gonthier

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