Un populaire invisible / an invisible common (fr/eng)

English below /

Dans cet entretien en forme de manifeste, je reviens sur certaines motifs à l’œuvre dans mon travail autour de la transmission et du conte, en explorant les chemins de la veillée. J’interroge également les pratiques artistiques actuelles en terme d’extraction, d’économie de la visibilité et de capitalisation des cultures populaires et des savoirs minoritaires.

« Il y a un an, je débutais une résidence d’écriture aux Ateliers Médicis, en banlieue de Paris. Je suis venu à Clichy-Montfermeil avec une question assez simple car je voulais que la plupart des directions naissent d’une pratique de l’espace et de la rencontre: y’a-t-il une archive de la transformation de la banlieue dans le corps de ses habitants ? J’ai grandi en banlieue parisienne et j’ai toujours pensé qu’il y avait, malgré les utopies architecturales plus ou moins heureuses, un principe d’architecture un peu singulier des quartiers populaires de la périphérie, qui faisait que la ville n’y existait pas vraiment sans le corps de ses habitants. Donc qu’il y avait une forme d’intimité
particulière entre le paysage ressenti, vécu de la banlieue et les manières de s’y tenir – et aussi de s’y attacher. Une espèce de transaction secrète – et de nouveau quelque chose qui a à voir avec la relation particulièrement poreuse du conteur créole avec son environnement, une invagination pour reprendre le terme de Jacques Derrida, qui place quelque chose du dehors, dedans. […] Et de là, il y a quelque chose d’autre qui a pris forme lors de la résidence, une autre question intimement liée à la première : y a-t-il un populaire invisible ? Je dis populaire invisible comme une manière d’aller dans une autre direction de ce l’on appelle couramment la culture populaire aujourd’hui et qui est devenue synonyme de mainstream, d’une forme d’hyper-visibilité, d’hyper-exposition et d’hyper-expressivité aussi. »

ENGLISH
With this new conversational exercise, carried out within the framework of my writing residency at the Ateliers Médicis in Clichy-sous-Bois (a suburb of Paris), and echoeing a previous conversation with Joachim Ben Yacoub in 2019 (“Decolonial Variations”), I continue my critical exploration of artistic and cultural practices in the margins of institutions, specifically here in the context of a working-class banlieue. Ranging through mangroves of low-intensity cultural forms, fragile and nameless, I try to oppose alternative gestures to the strategy of staging and consuming minority bodies. I also revisit a possible account of my own trajectory, which leads me to examine forms of the wake.





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