Faire Famille [Making Family] / Berlin Biennale

BERLIN BIENNALE 2022
Sound #1. Faire Famille [Making Family]
(click on the name above to listen / cliquez sur le nom ci-dessus pour écouter)
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This sound work is part of the series
THE MUSEUM OF BREATH.
#1
Faire Famille (Making Family)
(1h15, Berlin Biennale 12, 2022)
with : Ousmane Cissé, Hassan Abdallaye, Souleymane Soumah, Barbara Manzetti, Nicole Koffi, Sabrina Pennacchietti, Caroline Sébilleau for the Family Rester. Étranger (voice, texts, and “recipes”), Olivier Marboeuf (poems, voice, recordings), Victor Donati (recordings, editing and sound design), Asher Gamedze (drums), Ntone Edjabe, Benjamin F. Kollie and Blessing Tony (voices), Liz Young (voice and translation)

THE MUSEUM OF BREATH
5 sound works for Berlin Biennal
e
Who has the right to live in Europe? Who is allowed to live a decent and dignified life—a good life—in Europe? And who gets to decide? Who do we want to hear? Fugitive voices are beginning to speak. From the South of the North, from the East of the West(1), from unknown places they speak and de-speak,(2) recounting the quotidian violence that constantly threatens lives that do not matter. They speak and de-speak about resistance, care, and transmission—about anger too—and they invent tools and ways to stay alive. They talk about extreme attention, paranoia. And joy too. But they are not there to bear witness. There is enough testimony, enough police. They make up stories because they never sleep. They plant a garden on the toxic soil of Fortress Europe. Each sound work, through the ruses of language and storytelling, shares a fragment of a living manifesto, its legal or speculative strategies imagined by hybrid groups of activists, militants, residents, artists, authors, archivists, researchers, lawyers, and other legal specialists, but none of the participants command authority over any other. They make up another kind of night for cacophonic forms of life. And we dive into the multilingualism of an assembly guided by a storyteller and its own poetic form. But those voices do not exist; they speak from their nonexistence to us. Call them what you want: call them breaths.
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(FR)
Qui a le droit de vivre en Occident? Qui a le droit de mener une vie décente et digne dans les marges de l’Europe? Et qui décide? Qui voulons-nous entendre? Des voix fugitives commencent à parler. Du Sud du Nord, de l’Est de l’Ouest, des lieux inconnus qu’ils parlent et qu’ils déparlent, racontant la violence quotidienne qui menace constamment des vies qui n’ont pas d’importance. Elles ne cessent de parler de résistance, de soins et de transmission — de colère aussi — et elles inventent des outils et des façons de rester en vie. Elles parlent d’attention extrême, de paranoïa. Et de joie aussi. Mais elles ne sont pas là pour témoigner. Assez de témoignages, assez de police. Elles inventent des histoires parce qu’elles ne dorment jamais. Elles plantent un jardin sur le sol toxique de la forteresse Europe. Chaque pièce sonore, à travers les ruses du langage et du récit, partage le fragment d’un manifeste vivant, ses stratégies juridiques ou spéculatives imaginées par des groupes hybrides de militants, d’habitants, d’artistes, d’auteurs, d’archivistes, de chercheurs, d’avocats et d’autres spécialistes juridiques, mais aucun des participants n’a autorité sur les autres. Ils créent une autre sorte de nuit pour les formes de vie cacophoniques. Et nous plongeons dans le multilinguisme d’une assemblée guidée par la poésie d’une conteuse. Mais toutes ces voix n’existent pas. Elles nous parlent de leur inexistence. Appelez-les comme vous voulez : appelez-les souffles.

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