Qui veut noyer son chien (ce dont islamo-gauchisme est le nom) (fr)

L’exercice de possession coloniale procède d’un geste de re-nomination. Le nom colonial vient toujours par-dessus un autre nom, une autre histoire, une épistémologie qui dit d’autres rapports au monde. Il est une manière de d’imposer une origine, de marquer une propriété, de dire que la chose commence à exister comme objet ou comme sujet à partir d’un nom qui la convoque depuis le néant sur une scène de la dignité en même temps que sur un marché qui lui attribue une valeur – de transaction ou d’épouvante, c’est selon. Pour cette bouche coloniale donc, tout ce qu’il y avait avant le nom qu’elle prononce ne peut être que sauvagerie inarticulée, obscurité sans valeur, vaines croyances improductives. Cette manière de nommer par-dessus est ainsi un geste d’appropriation mais également de dissimulation et d’effacement qui rompt les généalogies, les alliances, les attachements, embrouille l’Histoire. Une geste qui sépare et rend les relations impraticables. Dans « islamo-gauchisme »,  le préfixe « islamo » est donc d’abord une façon de nommer sans le nommer l’antiracisme politique en France (…)



           

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